Raphaël Londinsky

A PROPOS

Travaille en agence de publicité

Passionné par la littérature russe, les romans d’Herman Hesse et le cinéma italien

A vécu un an en Amérique Latine et passé plusieurs mois en Inde et au Bangladesh

J’ai un rapport très simple avec la photographie, très spontané. Les premiers appareils que j’ai eu entre les mains étaient déjà numériques. Je pouvais prendre autant de photos que je le souhaitais, les supprimer, les recadrer, jouer avec les couleurs et les noirs et blancs. Je n’ai pas connu l’argentique, les négatifs ou les chambres noires.

Il y a quelque chose d’instantanée dans ma relation avec la photographie. J’ai toujours pu regarder mes photos au moment même où je la prenais. C’est très différent.

 

Le plus souvent j’utilise mon smartphone, ça me donne l’impression d’avoir plus de liberté. Je photographie ce qui me touche ou m’interpelle. C’est un moyen d’être attentif au monde qui m’entoure. Ça me permet de rester en éveil pour ne rien rater…

Mais mon goût pour la photographie s’est surtout développé au cours de mes voyages à l’étranger. J’étais parfois tellement fasciné par la beauté des paysages, les couleurs d’une ville, les regards des passants. J’ai très vite ressenti le besoin de prendre des photos pour pouvoir partager mes impressions. C’est aussi ça la photographie, un moyen de s’exprimer et de se raconter, c’est un regard sur le monde. Et ce regard j’ai envie de le partager.

J’appréhende la planète comme un terrain d’aventures, de découvertes et de rencontres humaines.

Avant de partir je me fais toujours une certaine idée d’un voyage, d’un pays, d’un continent… Puis je découvre avec mes propres yeux et je me fais ma propre idée. Je suis parfois surpris, parfois déçu, mais toujours curieux.

 

De tous mes voyages c’est le Bangladesh qui m'a le plus frappé par sa différence, sa diversité et ses contradictions. Je me souviendrais toujours des premiers jours que j’ai passé à Dacca, la capitale. Dans cette ville la moindre promenade a des airs d’expéditions et la marche devient un sport de combat. Impossible de se frayer un chemin dans cette jungle urbaine de ruelles encombrées et encombrantes. Il faut raser les murs pour ne pas se faire bousculer ou renverser par les taxis qui roulent sans foi ni loi.

J’adorais aller me promener aux alentours du Night Market de Banani dans l’un des plus grands bidonvilles du monde à la tombée du jour.

 

« La rue assourdissante autour de moi hurlait »

 

Il n’y qu’ici à Dacca que les rues hurlent autant. Un brouhaha de klaxons, de cris, de bruits de moteurs et de travaux. Les rues hurlent à mourir sans s’arrêter dans un grand va et vient de bus, de taxis, de scooters, de vaches sacrées et de va-nu-pieds. A en croire les vendeurs, on trouve de tout au Night Market. A condition d’avoir besoin de quoi que ce soit… C’est un immense capharnaüm de bric et de broc, d’objets racolés et décollés, jaunis, poussiéreux, vieillies et abimés par le temps, le soleil et la poussière.

Lorsque je baissais les yeux, la misère me sautait à la gorge. Un autre monde s’étendait là, sous mes pieds, en dessous des étals de marchandises et des boutiques ambulantes, sur ces trottoirs défoncés couverts de détritus et de flaques putrides. Mendiants, malades, infirmes, enfants attendaient patiemment que leur prochaine vie leur offre une existence meilleure.

 

Là-bas, rien ne ressemble plus à une terrasse de café qu’une de ces échoppes de street food où l’on peut s’assoir sur des planches de bois pour déguster un chai. Et pourtant rien n’y ressemble moins non plus. Je m’y arrêtais pour boire une tasse de thé. Assis en tailleur, coincé entre deux Bangladeshi, au milieu du vacarme et de la foule, les terrasses parisiennes me semblaient bien loin. Mais au moins, je pouvais profiter de ce défilé de couleurs unique au monde, de saris, d’épices, de fruits, de légumes et de guirlandes de fleurs. Car malgré la misère, la maladie et la saleté, ces rues avaient quelque chose de vivant et de transparent. Alors certes, j’y respirais la chaleur, la pollution et la poussière mais j’y respirais aussi la joie. La joie simple des jours qui passent et se ressemblent.

C’est là que j’ai eu le déclic. A cette drôle de terrasse de café, à des kilomètres de chez moi, le sentiment non pas d’être un simple touriste ou voyageur mais d’être un étranger. Un étranger dans un pays dont je ne comprenais pas les codes et les coutumes.

 

Les occidentaux ont souvent tendances à penser qu’ils sont partout chez eux, qu’ils ont uniformisé le monde à leur image. Découvrir qu’il y a des endroits sur la terre où l’on peut encore être des étrangers les uns pour les autres, c’est ce qui fait la beauté du voyage. Car il n’y a de découverte que dans la différence.

Mon rêve ? Traverser l'Amérique Latine en moto avec des amis.

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